Quel Salut ?

 

Que veut dire « être sauvé »? L'actualité nous renvoie aux catastrophes naturelles ou aux guerres civiles, et l'on se dit que le « salut » consiste avant tout à pouvoir échapper à ces calamités. Alors où est ce « Dieu qui nous sauve » comme il est souvent décrit dans la Bible ? Où est-il ? Que fait-il pour sauver l'humanité de tous ces malheurs ?

Grande question sur l'existence du mal dans le monde. On ne doit pas l'écarter, et on sait qu'il n'y a pas de réponse toute faite. En tous cas, Dieu ne souhaite pas le malheur des hommes, et ce n'est pas lui qui nous envoie ces catastrophes ou ces 'tuiles', selon l'adage (ARCHI FAUX !) : « qu'est-ce que j'ai (nous avons) fait au Bon Dieu... »

Autant les guerres et les famines sont liées à l'incurie, à l'égoïsme et à l'orgueil des hommes, autant les catastrophes naturelles sont beaucoup plus inacceptables. Oui, pourquoi Dieu ne nous évite pas ces épreuves ? Il est le Tout Puissant et pourrait écarter tout malheur. Pourquoi ?

Notre seule réponse : JÉSUS n'écarte pas le malheur qui s'abat sur lui, alors que par ses miracles, il a montré qu'il pouvait le faire. Mais il traverse l'épreuve, en restant fidèle au Père, renouant le lien de confiance que l'humanité avec rompu, espérant contre tout espoir humain que la mort n'a pas le dernier mot.

En Jésus Christ, nous sommes sauvés de la mort, de la mort spirituelle, de la coupure d'avec Dieu. Sans Dieu, l'homme se perd et se détruit lui-même. Son péché entraîne des catastrophes de plus en plus nombreuses.

Comme nous l'avons entendu le Mercredi des Cendres dans la bouche du prophète Joël (2,12) : « Revenez à moi de tout votre cœur, dans le jeûne, les larmes et le deuil ! » Il y a un temps pour tout: c'est le temps de pleurer nos péchés, nos infidélités et leurs conséquences dans nos vies et dans le monde. Il est temps de vivre la Prière, le Partage, la Pénitence (Privation) avec plus d'intensité, pour accueillir le Salut de Dieu.

père Benoît

(voir le message du Pape pour le carême 2011 sur : www.catholique.org)

« Le salut, pour-quoi, comment ?»

Le thème du SALUT a été choisi comme 'fil rouge' des homélies de carême. Les textes de la liturgie de chaque Dimanche sont commentés dans cette perspective de comprendre pourquoi, pour quoi et comment Dieu nous sauve. Les premières lectures nous parlent des Alliances que Dieu a réalisées dans l'Histoire Sainte:

Premier Dimanche (13 mars) : Création, Péché et Salut

Le premier dimanche présente en Genèse 2 la Création avec la formation d'Adam dans les mains de Dieu. Le Projet de Dieu dans la création de la première humanité est déjà un Projet de Salut. L'homme est créé à l'image de Dieu, avec un corps et une âme spirituelle. La nature humaine est ouverte dès le début à la grâce de Dieu, au Souffle de Dieu, à l'Esprit Saint. L'homme est destiné à la glorification, à réaliser son identité d'enfant de Dieu en Christ.

Mais le premier péché raconté en Genèse 3 est un péché d'orgueil : l'homme refuse sa condition de créature en face de son Créateur. Il veut exister par lui-même et pour lui-même, en étant maître des principes du bien et du mal, au lieu de les recevoir de Dieu. Ce « péché originel » se transmet à tout homme en un 'état de pécheur', blessé dans sa nature ouverte à la grâce de Dieu. Par son incarnation et toute sa vie terrestre culminant dans sa Pâque, Jésus se 'substitue' à l'homme dans l'effort pour renouer la relation filiale et confiante au Père. Les tentations du Christ au désert (Mat 4) prolongent le Baptême au Jourdain, et manifestent l'œuvre de restauration qu'opère le Christ pour les hommes. Il écoute et obéit à la Parole de Dieu, son Père, pour contrer la tentation de pécher. Ce péché qui fait écho au 'péché originel' d'Adam : avoir, paraître et dominer, pris comme des buts en soi, au lieu de le vivre selon Dieu.

Deuxième Dimanche (20 mars) : la Vocation à la Sainteté

La « vocation » d'Abraham en Genèse 12 est un texte majeur de la Bible. Par cet appel à tout quitter pour obéir au Projet de Dieu, il fait confiance dans les promesses d'une 'Terre Promise' à atteindre. Notre chemin de croyant se modèle sur le sien : chacun est appelé à rejoindre une terre promise. Pour quoi sommes-nous créés, sinon pour atteindre le Bonheur, la Béatitude promise par Dieu.

 

Ce Bonheur futur est présenté en Matthieu 5 (le texte des 'béatitudes') comme le Royaume de Dieu et l'entrée dans la joie du Seigneur. C'est à la fois une réalité future (le Paradis, la Vie éternelle), et en même temps un appel à la vivre dans la réalité présente : vivre dès aujourd'hui de ce qui sera vécu pleinement au temps final.

L'événement de la Transfiguration (Mat 17) manifeste ce que le Baptême doit réaliser en chacun de nous : la présence du 'Royaume de Dieu' dans notre vie humaine. Le Christ est imprégné de lumière divine. Son humanité se montre déjà glorifiée. Mais avec lui, c'est notre nature humaine qui est promise à pouvoir participer à cette même Gloire, à la « Sainteté » même de Dieu !

L'appel ou la vocation à la sainteté est universelle: elle n'est pas réservée à un petit nombre, prêtres ou religieux. En vertu du Baptême, chaque chrétien dispose des moyens pour avancer sur un chemin de sanctification, avec l'aide constante de la grâce de Dieu. « les appelés sont comme consacrés à Dieu et collaborent à la manifestation de son plan divin » (Rm 8,28) Le chrétien vit la vie ordinaire dans le monde, mais « sans être du monde » (Jn 17, 19). Il se sait 'de passage' (paroikos en grec – 'paroissien'!), pèlerin sur cette terre, nomade en chemin vers la réalisation de la promesse de Vie !