Avez-vous le code pour entrer dans le carême

 

On pourrait comparer le temps du Carême à la traversée d’un grand désert. Ce désert du Carême possède une porte d’entrée et une porte de sortie, avec digicode. Connaissez-vous les codes pour entrer et sortir ? Ils sont très faciles à retenir :

taper 3 P  pour entrer, taper ô pour sortir.

Pour entrer dans le Carême, tapez d’abord le 1° P. C’est le P de la Privation ou du jeûne. Nous entrons traditionnellement dans le Carême avec la journée du mercredi des Cendres où nous sommes invités à jeûner et à recevoir l’imposition des Cendres. Nos petits efforts de privations nous aident à lutter contre nos défauts et nos vices. Quelqu’un par exemple s’efforcera d’éviter des paroles négatives pour combattre son penchant pessimiste. D’autres en Carême s’arrêtent de fumer, mangent plus sobrement, se privent d’apéritifs ou de boissons alcoolisées à table, jeûnent de télévision pour ouvrir l’Evangile. « L’homme ne vivra pas seulement de pain mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu », nous dit Jésus. Mercredi 5 mars, à la suite de la célébration de Cendres, nous proposerons de regarder un film sur la vie du bienheureux Jean XXIII, à la place de notre habituel diner.

Tapez ensuite le 2° P. C’est le P du Partage. Nous en avons besoin car il est un remède contre le nombrilisme dont nous souffrons tous. Faisons ce petit test au cas où nous aurions des doutes : quand on nous présente une photographie de groupe où nous avons posé, quelle est la frimousse sympathique, attrayante que nous allons chercher ? C’est difficile à l’avouer, mais c’est la nôtre. Cela s’appelle de l’égocentrisme ou du nombrilisme. Quelle richesse puis-je partager pendant ce Carême ? Partageons notre temps, notre argent, nos talents. Sur la paroisse, une collecte sera organisée pour aider les collégiens et Lycéens qui ont le projet de partir cinq jours en pèlerinage à Turin le 1° mai. 

Tapez enfin le 3° P. C’est le P de la Prière. Avec le Partage et la Privation, nous montrons au Christ, par des actes concrets, notre bonne volonté de nous convertir. Mais c’est Lui qui en réalité change nos cœurs de pierre en cœur de chair. C’est par la Prière que sa grâce transforme notre nature blessée. Il suffit de se mettre en sa présence et d’accueillir sa paix. Le plus important, c’est de le faire régulièrement. Le Père Caffarel, fondateur des Equipes Notre Dame, disait :  « C'est tout de même un peu fort que sur 96 quarts d'heures (une journée) on ne soit pas fichu d'en donner 1 à Dieu ! ». Chaque vendredi, un chemin de croix sera proposé pendant le carême.  

N’oubliez pas de tapez l’étoile pour sortir. Après cette longue traversée désertique de 40 jours, nous avons besoin d’une bonne lessive pour retrouver une robe de baptême immaculée au jour de Pâques. C’est par le sacrement du pardon que Jésus nous purifie. Lorsqu’il entre dans notre cœur, il y trouve un véritable zoo : le lion de l’orgueil, le coq de la vanité, le renard de la fourberie, le serpent de l’envie, l’ours de la possessivité, la pie des commérages, le singe de la moquerie, le rhinocéros de la brutalité, le pachyderme insensible, le lièvre peureux, le cochon étalé dans le plaisir, le chien colérique et le ver rongeur de l’inquiétude, le plus sournois de tous. Seul le Christ Sauveur peut dompter toutes ses bêtes bien encombrantes. Une journée du pardon, le samedi 12 avril, ainsi que des célébrations pénitentielles dans chaque église nous permettrons de vivre cette joie de la réconciliation. Bon carême à tous !

 

Père Samuel