carême

« oublier l'avenir »

 ou le pardon selon Dieu

Depuis que je suis prêtre, j'ai toujours été émerveillé en confessant les enfants par leur manière de regarder leurs péchés. Bien sûr (et c'est tant mieux!), ils sont malheureux de ne pas aimer Dieu et leur prochain de tout leur cœur, mais, comme le dit Péguy, ils « pleurent d'espérance ». Si bien qu'au lieu de s'effrayer de l'avenir ou de n'en rien attendre, ils rebondissent sur lui comme sur une promesse. On en voit très concrètement les effets. Le prêtre leur dit : « si tu demandes de tout ton cœur à Jésus de t'aider, il le fera. » Ils le croient, et voilà que cela marche !

Il en va autrement des adultes qui, comme chacun sait, ont souvent des nœuds bien plus difficiles à défaire. Ce n'est pas une question de gravité des péchés (on peut pécher gravement à tout âge), mais de manière de les regarder, qui se traduit aussi par une manière de les dire. Ce qui, en nous, est germe de mort, induit une répétitivité désespérante, parce qu'elle fait naître la conviction que jamais rien ne changera. Se confesser ? Peine perdue, je l'ai déjà fait tant de fois ! Impensable, dès lors, de pleurer en espérance. Impensable de regarder l'avenir comme une promesse : selon le mot de l'Ecclésiaste, « ce qui a été, c'est ce qui sera » (Qo 1,9)

A ce genre de conviction qui nous empêche de vivre, il est vain de répondre par de « bonnes paroles » : rien n'est inéluctable, cela peut changer, il ne faut pas se décourager... Je préfère cette expression fulgurante qu'employait un jour saint Jean-Marie Vianney pour parler du sacrement de réconciliation : « oublier l'avenir » ! A l'objection sempiternelle « je sais déjà que je retomberai », Jean-Marie Vianney répondait en tournant le regard vers Dieu : « il sait déjà que vous pécherez encore, et pourtant il vous pardonne. Combien est grand l'amour de notre Dieu qui va jusqu'à oublier volontairement l'avenir pour nous pardonner ! »

… Oublier l'avenir : tel est l'enjeu de la confession des péchés. Oublier l'avenir comme le fait un enfant, et recevoir ainsi à nouveau le présent comme un commencement et un avenir offert. Oublier l'avenir comme le faisaient les foules qui venaient écouter Jean-Baptiste et se faire baptiser par lui « en confessant leurs péchés » (Mc 1,5)... Oublier l'avenir pour confesser, non l'échec de mes illusions, mais le cadeau toujours nouveau que Dieu me fait en me délivrant de mes péchés par sa miséricorde...

 

Mgr Jean-Pierre Batut, évêque auxiliaire de Lyon

Métamorphose

Dans les dessins animés ou les films de science fiction, il y a souvent des personnages qui changent d'apparence ou de forme ou d'attributs. On pense à Hulk,  Spider-Man, Batman... En regardant ces héros, l'envie nous prend aussi de vouloir changer d'apparence, de tête, d'attributs... en mieux bien sûr !

J'ai une bonne nouvelle pour vous : avec Jésus, c'est possible !!! Yes, we can ! Non, ce n'est pas une promesse électorale, mais une réalité bien attestée par l'Evangile de ce dimanche. Les disciples ont vu Jésus transfiguré sur la montagne du Thabor : il s'est « métamorphosé », il a changé de forme et d'aspect, pour devenir tout resplendissant de la lumière divine. Il manifestait dans son humanité la Gloire divine qu'il possédait de toute éternité au ciel. Mais il indiquait aussi aux disciples le but de sa venue parmi nous : amener toute l'humanité à participer à cette même Gloire divine.

Pardon à ceux qui ont pensé un instant pouvoir recevoir de Dieu  un nouveau « look », et correspondre aux critères de beauté actuels (qui sont de véritables dictateurs et dépresseurs pour bien des jeunes qui se trouvent moches !). La « métamorphose » en question est bien plus intérieure : c'est de l'intérieur que l'Esprit Saint que nous avons reçu à notre baptême veut transformer tout notre être, spirituel, psychique et corporel.

La Transfiguration de Jésus nous indique l'objectif de notre carême et de toute notre vie chrétienne : laisser plus de place à l'action de l'Esprit Saint en nous, pour qu'il embrase d'amour, illumine et guérisse toutes les zones de notre être. La Mission Paroissiale, pour ceux qui acceptent d'y participer, sera aussi une belle occasion de laisser l'Esprit nous enflammer !

            père Benoît

Prière

Toi qui m’aimes comme je suis

Seigneur, réconcilie-moi avec moi-même.
Comment pourrais-je rencontrer et aimer les autres
Si je ne me rencontre et ne m'aime plus ?

Seigneur, Toi qui m'aimes tel que je suis

Et non tel que je me rêve,
Aide-moi à accepter ma condition d'homme limité

Mais appelé à se dépasser.

Apprends-moi à vivre avec mes ombres et mes lumières,
Mes douceurs et mes colères, mes rires et mes larmes,
Mon passé et mon présent.

Donne-moi de m'accueillir comme Tu m'accueilles,

De m'aimer comme Tu m'aimes.

Délivre-moi de la perfection que Tu veux me donner,

Ouvre-moi à la sainteté que Tu veux m'accorder.

 

Epargne-moi le remords de Judas,
Rentrant en lui-même pour n'en plus sortir,

Epouvanté et désespéré par son péché.

Accorde-moi le repentir de Pierre,

Rencontrant le silence de ton regard
Plein de tendresse et de pitié.

Et si je dois pleurer, que ce ne soit pas sur moi-même
Mais sur ton Amour offensé.

Donne-moi le courage de sortir de moi-même.
Dis-moi si je peux encore guérir
dans la lumière de ton regard et de ta Parole

livret de Carême

Pour voir les propositions pour ce Carême, vous pouvez télécharger le livret de Carême:

livret-de-careme-2012-1.pdf livret-de-careme-2012-1.pdf