à propos du Purgatoire

Joie des âmes du Purgatoire.

Je ne crois pas qu'il puisse se trouver un contentement comparable à celui d'une âme du purgatoire, à l'exception de celui des saints en paradis. Chaque jour s'accroît ce contentement par l'action de Dieu en ces âmes, action qui va croissant comme va se consumant ce qui empêche cette action divine. Cet empêchement, c'est la rouille du péché. Le feu consume progressivement cette rouille et ainsi l'âme se découvre de plus en plus à l'influx divin...

Ainsi la rouille, c'est-à-dire le péché est ce qui recouvre l'âme. Au purgatoire cette rouille est consumée par le feu. Plus elle se consume, plus aussi l'âme s'expose au vrai soleil, à Dieu. Sa joie augmente à mesure que la rouille disparaît et que l'âme s'expose au rayon divin. Ainsi l'une croît et l'autre diminue jusqu'à ce que le temps soit accompli. Ce n'est pas la souffrance qui diminue, c'est uniquement le temps de rester dans cette peine.

Souffrances des âmes du Purgatoire.

D'autres part, la peine qu'elles subissent est si extrême qu'il n'est aucune langue qui puisse l'exprimer ni aucune intelligence qui puisse en saisir la moindre étincelle si Dieu ne la lui découvre par une grâce toute spéciale...

La source de toutes les souffrances est le péché, soit originel, soit actuel. Dieu a créé l'âme toute pure et toute simple, sans aucune tâche de péché et avec un instinct béatifique qui la porte vers lui...

À la créature raisonnable, à l'âme, Dieu correspond plus ou moins dans la mesure où il la trouve purifiée de l'empêchement du péché. Existe-t-il une âme qui revienne à la première pureté de sa création, l'instinct du bonheur se découvre en elle et s'accroît aussitôt avec une ardeur de charité l'entraînant vers sa fin dernière, que c'est pour elle chose insupportable d'en être écartée. Plus elle en a la conscience, plus extrême est son tourment.

Extrait du « Traité du Purgatoire » de Ste Catherine de Gênes, 1551

TU ES VIVANT

Tu ne parles plus mais tu es vivant.

Tu ne bouges plus mais tu es vivant.

Tu ne souris plus mais en arrière de tes yeux

tu me regardes.

De très loin ? Peut-être de très près,

Je ne sais rien de ces distances.

Je ne sais plus rien de toi, mais tu sais maintenant

davantage de choses sur moi.

Tu es en Dieu.

Je ne sais pas ce que cela peut vouloir dire

mais sûrement ce que tu voulais

Et ce que je veux pour toi.

Je le crois. Toute ma foi, je la rassemble.

Elle est maintenant mon seul lien avec toi.

Jésus, donne-moi de croire à ta victoire sur la mort

Celui que j’aime veut entrer dans ta joie.

S’il n’est pas prêt, je te prie pour lui.

Achève sa préparation.

Pardonne-lui comme tu sais pardonner.

Aide-moi à vivre sans sa voix, sans ses yeux,

Que je ne le déçoive pas maintenant

Qu’il va me voir vivre et m’attendre.

 

Père André SEVE, assomptionniste

défunts Purgatoire